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Nombre d’actions : dilution et rachats d’actions

Comment suivre l’évolution du nombre d’actions, mesurer la dilution et l’effet des rachats d’actions, où lire ces chiffres dans un rapport annuel, seuils usuels et pièges.

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Définition

L’évolution du nombre d’actions dit si la part de chaque actionnaire dans l’entreprise grandit ou rétrécit. Une hausse est une dilution : l’entreprise a émis des actions, pour lever des fonds, payer une acquisition ou rémunérer ses salariés. Une baisse vient en général de rachats d’actions, que l’entreprise annule ensuite.

Formule

Évolution annuelle moyenne = (nombre moyen d’actions dilué de la dernière année / celui de la première année) puissance (1 / nombre d’années) − 1

Où le lire dans un rapport annuel

Le nombre moyen pondéré d’actions, de base et dilué, figure en bas du compte de résultat, à côté du bénéfice par action, ou dans la note annexe sur le résultat par action. Les rachats d’actions apparaissent dans le tableau des flux de trésorerie, parmi les flux de financement, et la note sur le capital détaille les actions émises, rachetées et annulées.

Seuils usuels

Qualité long terme : un nombre d’actions stable ou en baisse sur 5 ans pour le vert (0 % ou moins), jusqu’à 2 % de hausse par an pour l’orange. Croissance raisonnable, sous le nom de dilution annuelle : 2 % au plus pour le vert, jusqu’à 5 % pour l’orange, car les rémunérations en actions y sont plus répandues.

Dans les stratégies préréglées

Stratégie préréglée Critère rempli À surveiller Critère non rempli
Qualité long terme Évolution annuelle du nombre d'actions (5 ans) ≤ 0 % 0 % à 2 % > 2 %
Croissance raisonnable Dilution annuelle ≤ 2 % 2 % à 5 % > 5 %

Pièges

  • Le nombre d’actions dilué tient compte des options et des actions gratuites à venir : il est plus prudent que le nombre de base.
  • Des rachats peuvent seulement compenser les actions distribuées aux salariés : le nombre d’actions reste stable, mais l’argent est bien sorti.
  • Racheter des actions à un cours très élevé détruit de la valeur pour les actionnaires restants, même si le BPA monte.
  • Une acquisition payée en actions augmente le nombre d’actions d’un coup : regarde si le bénéfice apporté compense la dilution.
  • Une division du nominal multiplie le nombre d’actions sans rien changer : utilise des chiffres ajustés.

Où il ne s’applique pas

  • Jeunes entreprises qui lèvent régulièrement des fonds : la dilution fait partie de leur financement, le critère se lit avec la trésorerie et la croissance.
  • Entreprises sorties d’une restructuration financière, dont le capital a été recomposé : les années d’avant ne sont plus comparables.

Un exemple chiffré

Une entreprise fictive, appelée ici Entreprise R, comptait 100 millions d’actions diluées il y a cinq ans et 95,1 millions au dernier exercice. Son évolution annuelle moyenne vaut (95,1 / 100) puissance (1 / 5) − 1, soit environ − 1 % par an : vert pour Qualité long terme.

Rachats d’actions et dividendes

Racheter ses propres actions est une autre façon de rendre de l’argent aux actionnaires. Au lieu de recevoir un dividende, l’actionnaire voit sa part de l’entreprise grandir. Les rachats ont du sens quand l’entreprise dispose de trésorerie excédentaire et que le cours est raisonnable au regard de sa valeur. Faits à crédit, ou au sommet du cours, ils fragilisent l’entreprise.

Dilution et bénéfice par action

Si le bénéfice total progresse de 10 % et le nombre d’actions de 4 %, le bénéfice par action ne progresse que d’environ 6 %. C’est pourquoi la croissance du BPA se mesure par action.

Sources citées