ROIC : la rentabilité du capital investi
Ce que mesure le ROIC, comment le calculer à partir d’un rapport annuel, les seuils usuels par profil, les pièges à connaître et les secteurs où il ne s’applique pas.
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Définition
Le ROIC (return on invested capital, rentabilité du capital investi) rapporte le résultat d’exploitation après impôt au capital que l’entreprise mobilise pour le produire : ses fonds propres et sa dette financière nette. Il dit combien l’activité rapporte pour chaque euro engagé, quelle que soit la façon dont ce capital est financé.
Formule
ROIC = résultat d’exploitation × (1 − taux d’impôt) / (capitaux propres + dette financière nette)
Où le lire dans un rapport annuel
Le résultat d’exploitation se lit dans le compte de résultat, souvent sous le nom de résultat opérationnel. Le taux d’impôt effectif figure dans la note annexe sur l’impôt. Les capitaux propres, les emprunts et la trésorerie se lisent au bilan. Pour lisser les variations, on prend souvent la moyenne du capital investi entre le début et la fin de l’exercice.
Seuils usuels
Un ROIC durablement supérieur à 15 % est le signe d’une activité très rentable. Entre 10 et 15 %, il reste correct pour la plupart des secteurs. Sous 10 %, il couvre à peine ce que coûte le capital à beaucoup d’entreprises. La régularité sur 5 à 10 ans compte davantage qu’une année isolée.
Dans les stratégies préréglées
| Stratégie préréglée | Critère rempli | À surveiller | Critère non rempli |
|---|---|---|---|
| Qualité long terme ROIC moyen (5 à 10 ans) | ≥ 15 % | 10 % à 15 % | < 10 % |
Pièges
- Une année exceptionnelle (cession d’une activité, reprise de provision) gonfle le résultat : regarde la moyenne sur plusieurs exercices.
- Des rachats d’actions importants ou des pertes passées réduisent les capitaux propres et font monter le ROIC sans que l’activité s’améliore.
- Le capital investi change beaucoup selon que l’on garde ou non les écarts d’acquisition (goodwill) : garde la même méthode d’une année et d’une entreprise à l’autre.
- Les sources de données n’emploient pas toutes la même formule : compare des chiffres tirés d’une même source.
Où il ne s’applique pas
- Banques et assurances : leur dette fait partie de l’activité elle-même. La rentabilité des fonds propres et le cours rapporté à l’actif net s’y prêtent mieux.
- Foncières : la valeur des immeubles au bilan et les plus-values latentes faussent le capital investi.
- Jeunes entreprises encore en perte : le ratio est négatif et ne dit rien de leur rentabilité future.
Un exemple chiffré
Prenons une entreprise fictive, appelée ici Entreprise A. Son résultat d’exploitation est de 120 millions d’euros et son taux d’impôt effectif de 25 %. Ses capitaux propres s’élèvent à 450 millions d’euros et sa dette financière nette à 150 millions d’euros.
Son résultat d’exploitation après impôt vaut 120 × 0,75 = 90 millions d’euros, pour un capital investi de 450 + 150 = 600 millions d’euros. Son ROIC est donc de 90 / 600 = 15 %.
ROIC et rentabilité des fonds propres
La rentabilité des fonds propres (ROE) ne regarde que l’argent des actionnaires. Une entreprise très endettée peut afficher un ROE élevé avec une activité peu rentable. Le ROIC compte la dette dans le capital investi : il juge l’activité elle-même, avant la façon de la financer.
Sources citées
- Rapports annuels des sociétés cotées (compte de résultat, bilan, notes annexes)
- IFRS Foundation, normes comptables internationales