Score de solidité financière : les 9 tests du score F de Piotroski
Le score F de Piotroski en 9 tests : rentabilité, endettement, liquidité, efficacité. Comment le calculer d’après deux rapports annuels, seuils usuels, pièges et secteurs exclus.
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Définition
Le score de solidité financière, connu sous le nom de score F de Piotroski, additionne 9 tests simples réussis ou ratés, chacun valant un point. Ils comparent les deux derniers exercices sur la rentabilité, l’endettement, la liquidité et l’efficacité. Publié en 2000 par Joseph Piotroski, il visait à séparer, parmi les entreprises au cours bas face à leur actif, celles dont la situation s’améliore de celles qui se dégradent.
Formule
Score = nombre de tests réussis sur 9 (un point par test : 4 de rentabilité, 3 d’endettement et de liquidité, 2 d’efficacité)
Où le lire dans un rapport annuel
Il faut les deux derniers rapports annuels, ou un rapport qui présente deux exercices : le compte de résultat (résultat net, marge brute, chiffre d’affaires), le bilan (total de l’actif, dette à long terme, actifs et passifs courants, capital) et le tableau des flux de trésorerie (flux de trésorerie d’exploitation). Certains sites de données le calculent directement.
Seuils usuels
Value : 7 et plus pour le vert, 5 ou 6 pour l’orange, 4 ou moins pour le rouge. Dans l’étude d’origine, les scores de 8 et 9 désignent les entreprises les plus solides et ceux de 0 à 2 les plus fragiles. Le score est conçu pour les entreprises décotées : il dit peu de chose d’une entreprise de croissance.
Dans les stratégies préréglées
| Stratégie préréglée | Critère rempli | À surveiller | Critère non rempli |
|---|---|---|---|
| Value Score de solidité financière (sur 9) | ≥ 7 | 5 à 7 | < 5 |
Pièges
- Le score compare deux années : une entreprise excellente et stable peut obtenir un score moyen parce que rien ne s’améliore, alors que rien ne se dégrade.
- Les tests sont binaires : une marge brute qui passe de 40,0 à 40,1 % compte autant qu’une hausse de dix points.
- Une acquisition ou une cession change le bilan et fausse plusieurs tests à la fois.
- Les sites de données n’appliquent pas tous exactement les mêmes définitions : compare des scores issus d’une même source.
Où il ne s’applique pas
- Banques et assurances : la marge brute, la liquidité courante et la dette à long terme n’ont pas le même sens pour elles.
- Jeunes entreprises encore en perte : la plupart des tests de rentabilité échouent mécaniquement.
Les 9 tests
Rentabilité
- Le résultat net rapporté au total de l’actif (rentabilité de l’actif) est positif.
- Le flux de trésorerie d’exploitation est positif.
- La rentabilité de l’actif progresse par rapport à l’exercice précédent.
- Le flux de trésorerie d’exploitation dépasse le résultat net.
Endettement et liquidité
- La dette à long terme rapportée au total de l’actif baisse.
- La liquidité courante (actifs courants / passifs courants) progresse.
- L’entreprise n’a pas émis de nouvelles actions sur l’exercice.
Efficacité
- La marge brute progresse.
- La rotation de l’actif (chiffre d’affaires / total de l’actif) progresse.
Un exemple chiffré
Une entreprise fictive, appelée ici Entreprise AC, réussit les tests 1, 2, 4, 5, 7 et 8. Sa rentabilité de l’actif baisse un peu, sa liquidité courante aussi, et sa rotation de l’actif stagne. Son score vaut 6 sur 9 : orange pour la stratégie préréglée Value. Voir aussi la fiche piège de la décote.
Sources citées
- Joseph Piotroski, « Value Investing: The Use of Historical Financial Statement Information to Separate Winners from Losers », Journal of Accounting Research, 2000
- Rapports annuels des sociétés cotées (compte de résultat, bilan, tableau des flux de trésorerie)