Croissance raisonnable : 8 critères pour juger une forte croissance
Une stratégie préréglée pour analyser une entreprise qui grandit vite sans la payer à n’importe quel prix : chaque critère expliqué, PEG, règle des 40 et limites.
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Une stratégie préréglée, en lecture seule : duplique-la pour l’adapter. Les seuils sont des repères courants, pas des règles, et le verdict d’une stratégie ne dit jamais quoi faire d’une action.
Les critères et leurs seuils
| Critère | Critère rempli | À surveiller | Critère non rempli |
|---|---|---|---|
| Croissance du chiffre d'affaires (moyenne annuelle sur 3 ans) | ≥ 15 % | 8 % à 15 % | < 8 % |
| Croissance du bénéfice ou du FCF par action (moyenne annuelle sur 3 ans) | ≥ 15 % | 8 % à 15 % | < 8 % |
| Marge brute | ≥ 50 % | 35 % à 50 % | < 35 % |
| PEG | 0 à 1 | 1 à 2 | > 2 ou < 0 |
| Croissance du chiffre d'affaires + marge FCF (calculé) | ≥ 40 % | 25 % à 40 % | < 25 % |
| Dilution annuelle | ≤ 2 % | 2 % à 5 % | > 5 % |
| Trésorerie nette ou FCF positif | Oui | Non | |
| Marché visé et avantage | Non noté | ||
Seuils lus dans la stratégie préréglée de l’app. Un critère calculé est obtenu par l’app à partir de deux chiffres saisis.
Pour qui
Cette stratégie s’adresse à qui cherche des entreprises en forte croissance, souvent dans la technologie ou le logiciel, sans accepter n’importe quelle valorisation. Elle reprend le style « croissance » des familles de facteurs, avec deux garde-fous : le prix payé pour cette croissance, et la capacité de l’entreprise à la financer seule.
Les 8 critères, un par un
Croissance du chiffre d’affaires sur 3 ans
C’est le moteur de la stratégie. La période est plus courte que pour la qualité (3 ans au lieu de 5), car une entreprise jeune change vite. À 15 % par an et plus, le chiffre d’affaires double en cinq ans environ. Voir la fiche croissance du chiffre d’affaires.
Croissance du bénéfice ou du FCF par action sur 3 ans
Une croissance du chiffre d’affaires qui ne se retrouve pas dans le bénéfice par action ne profite pas à l’actionnaire. Le critère accepte le FCF par action à la place du bénéfice, plus parlant quand le bénéfice est encore faible. Mesurer par action intègre la dilution.
Marge brute
Le seuil est plus élevé que pour la qualité (50 % au lieu de 40 %). Une entreprise en croissance dépense beaucoup en commercial et en recherche. Une marge brute élevée lui donne de quoi le faire et laisse espérer une forte rentabilité une fois la croissance ralentie.
PEG
Le PEG divise le PER par la croissance annuelle attendue du bénéfice. Popularisé par l’ouvrage de Peter Lynch, il pose une question simple : le PER est-il justifié par la croissance ? Jusqu’à 1, le PER ne dépasse pas le taux de croissance. Au-delà de 2, la valorisation anticipe beaucoup. Un calculateur du PEG est disponible sur le site.
Croissance du chiffre d’affaires + marge FCF
C’est la « règle des 40 », un repère courant pour les éditeurs de logiciels : la somme de la croissance et de la marge FCF doit atteindre 40 %. Une entreprise qui croît de 30 % peut se permettre une marge de 10 %, une autre qui croît de 10 % doit dégager 30 % de marge. L’app fait la somme des deux valeurs saisies. Voir la fiche règle des 40.
Dilution annuelle
Les entreprises en croissance rémunèrent souvent leurs équipes en actions, ou lèvent des fonds en émettant des titres. Chaque nouvelle action réduit la part des actionnaires existants. Le vert tolère 2 % de dilution par an, le rouge commence au-delà de 5 %.
Trésorerie nette ou FCF positif
Un critère oui ou non : l’entreprise a-t-elle plus de trésorerie que de dette, ou un flux de trésorerie disponible positif ? Si aucune des deux conditions n’est remplie, elle dépend de nouveaux financements pour continuer à croître, souvent au prix d’une dilution.
Marché visé et avantage
Un critère texte, jamais noté. Tu y décris la taille du marché, la part que l’entreprise peut y prendre et ce qui la distingue de ses concurrents. Voir la fiche avantage concurrentiel.
Pourquoi ces seuils
Le seuil de 15 % de croissance sépare les entreprises en forte croissance de celles qui suivent leur marché. Le PEG à 1 et la règle des 40 sont des repères publics, largement repris par les analystes. Ils ne valent que comme points de départ : un PEG de 1,5 sur une croissance très régulière peut te sembler acceptable.
Les seuils de dilution tiennent compte de la pratique courante des rémunérations en actions dans la technologie, plus élevée qu’ailleurs.
Limites
La croissance passée ne se prolonge pas d’elle-même. Les taux élevés ralentissent presque toujours avec la taille, et le PEG repose sur une croissance future que personne ne connaît. Une erreur d’estimation de quelques points change fortement le résultat.
La stratégie ne regarde ni la concurrence à venir, ni la qualité de la direction, ni la dépendance à quelques clients. Pour une entreprise encore en perte, le PEG et la croissance du bénéfice par action n’ont pas de sens : coche « Non applicable » et appuie-toi sur le FCF et la règle des 40.
Le verdict de chaque critère est une aide à la réflexion. La décision reste la tienne.
Les indicateurs de cette stratégie
Sources citées
- Peter Lynch, ouvrage « One Up on Wall Street » (PEG)
- MSCI, familles de facteurs (valeur, qualité, rendement, croissance)
- Morningstar, grille de style (style box)
- Rapports annuels des sociétés cotées